Traductions juridiques et informatiques

Droit et traduction : faciliter l’entrée dans le monde professionnel

publié par Gwendoline Clavé le 15 novembre 2022

Droit Traduction » Formation initiale Formation continue

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En droit comme en traduction, l’entrée dans le monde du travail peut être brutale. C’est souvent à ce moment-là que l’on réalise tout ce qu’il nous reste à apprendre : trois, cinq ou huit ans d’études ne peuvent pas nous préparer à tout.

La déconnexion entre des études plutôt théoriques et la pratique professionnelle pourrait être considérée comme une séparation logique, mais celle-ci n’est pas sans conséquences. Heureusement, les élèves ont plusieurs moyens de préparer ou de faciliter leur entrée dans le monde professionnel.


Au programme


Les stages et l’alternance

Très répandus, les stages sont un excellent moyen de se familiariser avec les réalités du métier auquel on se destine ou d’explorer différentes possibilités au niveau des formes d’exercice et des domaines de spécialisation.

  • En France, les licences (y compris LLCE ou LEA) prévoient un ou deux stages en entreprise appelés « actions en responsabilité au sein d’une organisation professionnelle ».
  • Les « expériences en milieu professionnel, notamment sous la forme de stages »1 sont désormais obligatoires au niveau master.
  • Des stages facultatifs sont généralement possibles à partir de la troisième année de licence, mais certaines structures n’acceptent que les élèves de deuxième année de master.
  • Dans les centres régionaux de formation professionnelle d’avocats (CRFPA), la formation initiale comprend deux stages de six mois chacun : un stage professionnel dans le cadre du projet pédagogique individuel (PPI) et un stage en cabinet d’avocat·es.

En droit comme en traduction, l’alternance est aussi une excellente option. Lydia Zunino, juriste et enseignante en droit et communication, la qualifie de « voie royale »2, notamment pour passer le « cap des deux ans entre la fin des études et le seuil des 2-3 ans où les offres d’emploi se font beaucoup plus nombreuses ».

Des opportunités à l’université

D’après Annette Schiller de la Fédération internationale des traducteurs (FIT) Europe, les universités ne peuvent pas apporter l’expérience pratique qui s’acquiert en conditions réelles3.

Pourtant, comme elle l’indiquait, une autre solution vient des universités : la clinique juridique dans les facultés de droit et la junior agence dans les facultés proposant des masters en traduction.

À travers ces entités, les élèves travaillent sur des dossiers complets, pour une clientèle réelle, au contact de spécialistes de leurs domaines. Cela leur fait découvrir d’autres métiers et développer des compétences importantes : gestion de projet, relations commerciales, organisation, travail en équipe, gestion administrative, marketing…

Certaines écoles vont plus loin, comme l’École de formation des barreaux (EFB). À travers le Lab EFB, elle propose aux élèves-avocat·es de choisir « des projets sur lesquels personne n’a travaillé avant » pour « trouver des solutions que personne n’avait envisagées »4.

Le mentorat, pour les personnes en exercice

Le mentorat peut être très bénéfique aux personnes qui débutent dans une profession, mais aussi à celles, plus expérimentées, qui souhaitent donner un nouveau souffle à leur activité ou progresser sur des points précis.

Pour les mentors et mentoresses, c’est un bon moyen de revoir les bases, réfléchir à des aspects de leur activité laissés de côté, découvrir de nouveaux outils, se former à de nouvelles techniques… En d’autres termes, de se tenir à jour et de se remettre en question.

En traduction, plusieurs associations proposent du mentorat, comme la Société française des traducteurs (SFT) en France (avec le programme Boussole) et l’American Translators Association (ATA) aux États-Unis.

Dans le domaine juridique, les initiatives en la matière tendent également à se développer. Marie Depay a par exemple identifié Avo’Mentor, Entr’Avocat, Femmes de Justice et bien d’autres opportunités en la matière5.

Quelques pistes supplémentaires

Le bénévolat permet lui aussi d’acquérir de l’expérience, des références et de se constituer un portfolio. En traduction, l’organisation Translators Without Borders (anciennement Traducteurs sans Frontières) est sans doute la plus connue, mais les traductaires peuvent proposer leurs services à n’importe quelle organisation non lucrative.

Par ailleurs, les emplois parfois occupés dans des domaines connexes avant d’arriver au droit ou à la traduction peuvent être très enrichissants. La reconversion a le vent en poupe dans les deux domaines, parfois même lorsqu’il s’agit de passer de l’un à l’autre.

Certaines de mes consœurs ont en effet choisi de s’orienter vers la traduction juridique après avoir exercé en tant que juriste d’entreprise. En droit, Juriste Junior donne aussi l’exemple du passage de comptable à assistant juridique, ou d’assistant juridique à juriste6.


Comme nous l’avons vu, les portes d’entrée dans le monde du droit ou de la traduction sont plus nombreuses qu’il n’y paraît — et heureusement, car la concurrence est rude et tout le monde n’a pas accès aux mêmes opportunités.

Avez-vous testé l’une des solutions proposées ? Souhaitez-vous partager d’autres conseils pour aider les élèves à préparer leur entrée dans le monde professionnel ? Je serais ravie d’en discuter avec vous sur LinkedIn !

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